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Attirer les pollinisateurs au jardin

Au printemps, nombre d’insectes et autres animaux viennent récolter le nectar et le pollen des fleurs de nos jardins. Pour eux, ces fleurs sont de véritables garde-manger ! Au cours de l’évolution, les insectes pollinisateurs ont entretenu une relation forte avec les plantes qu’ils butinent : ils se sont adaptés et ont évolué avec elles. 

La pollinisation est une étape cruciale dans le cycle de reproduction des plantes à fleurs. Elle consiste dans le transport du pollen des organes de reproduction mâle (les étamines) vers le (ou les) organes de reproduction femelle (les pistils). Cette rencontre est essentielle à la fécondation qui permettra de former les graines que nous semons et les fruits dont nous nous régalons.
90% des plantes à fleurs sont dites entomophiles, c’est-à-dire pollinisées par des animaux, essentiellement les insectes. Ceux-ci contribuent à la fécondation des fleurs par leurs déplacements. Il en existe quatre ordres : les lépidoptères (papillons), les hyménoptères (abeilles, guêpes, fourmis), les diptères (mouches, moustiques...), et les coléoptères (scarabées, coccinelles...) - voir le site de Vigie-Nature. Les pollinisateurs sont donc nombreux, mais les plus efficaces sont les abeilles, les bourdons, et les mouches qui consomment du pollen toute l’année.

Crédit photo : Le PASSE-Jardins

Pourquoi accueillir et favoriser la présence d’insectes pollinisateurs dans les jardins ?

Nous vivons actuellement un déclin et une disparition de nombreuses espèces d’insectes pollinisateurs : une vraie crise de la pollinisation à l’échelle mondiale. Les abeilles de ruche ne sont pas les seules victimes. En effet, de multiples espèces d’abeilles sauvages, de même que les populations d’insectes en général sont concernées : 41% des espèces d’insectes suivies sur le long terme dans le monde sont en déclin et 31% menacées d’extinction (François GEMENNE, Aleksandar RANKOVIC, Atlas de l’anthropocène, Presses de Sciences Po, 2019, p80). En cause, la raréfaction des habitats naturels et des lieux de reproduction, la diminution des ressources alimentaires, les invasions biologiques, les changements climatiques… et tout particulièrement l’utilisation de pesticides et autres polluants chimiques.

De plus, certains insectes sont des « auxiliaires » pour les jardinier(ère)s ! En effet, leur présence et leur activité sont d’une grande aide à l’activité jardinière ou agricole. Au sens strict, le terme d’auxiliaire désigne tous les animaux qui permettent la protection des plantes cultivées pour la production agricole, horticole et maraîchère. Il s’agit d’êtres vivants dont l’activité provoque la destruction ou l’inhibition des ravageurs. On parle d’une protection dite « biologique », ou « biocontrôle » (le contrôle des populations de ravageurs par la présence de leurs prédateurs).
Utilisée plus généralement, la notion d’auxiliaire désigne tous les êtres vivants qui aident la pratique agricole ou jardinière. On compte alors dans cette catégorie les prédateurs spécialisés et généralistes, les décomposeurs, les insectes pollinisateurs…
Les insectes sont donc pourvoyeurs de services écosystémiques précieux pour les jardins, sous deux formes principales :

  1. La régulation directe ou indirecte des populations d’insectes potentiellement ravageurs. Certains insectes sont des prédateurs de ravageurs, d’autres permettent la présence de population de prédateurs des ravageurs, comme les chauves-souris par exemple.
  2. La pollinisation. Aujourd’hui, 70 % des plantes cultivées alimentaires dépendent de la fécondation par les pollinisateurs, et il a été prouvé que la présence de pollinisateurs dans un espace de production alimentaire en augmente les rendements.

Au jardin, l’aménagement permettra non seulement d’attirer et de maintenir une population d’insectes pour la production alimentaire mais aussi pour protéger la biodiversité !

Crédit photo : Le PASSE-Jardins

Ainsi, notre engagement contre l’utilisation de pesticides en tant que jardinier(ère)s est une démarche essentielle pour préserver la santé de nos jardins et alentours. Libérés de ces substances nocives, les jardins sont de formidables îlots urbains d’accueil de la biodiversité.
Et cette biodiversité est la clé pour un jardin en bonne santé ! Cette multitude d’animaux et de plantes sont des alliés importants du jardinier : entretien et renouvellement du sol, réduction des maladies et des parasites s’attaquant aux plantes, et pour la pollinisation : de meilleures récoltes et de plus gros fruits ! Mais alors, que faire pour accueillir les pollinisateurs au jardin ? Quelles plantes choisir ?

Comment faire ?

Aménager

Pour pérenniser la présence des insectes, il faut s’assurer de proposer dans son jardin les éléments suivants :

    • De quoi nicher et s’abriter pour l’hiver (hôtels à insectes, paille et bois mort, arbres et arbustes..) (Voir comment construire des hôtels à insectes sur le site de Terre Vivante, sur Jardiner Autrement ici ou ici, ou encore chez Urbanbees)
    • Des sites de reproduction
    • Des points d’eau (surtout l’été)
    • De la nourriture
    • Assurer un environnement accueillant, autrement dit un jardin sans pesticide, dont le fauchage et la tonte sont limités !

Si plusieurs types d’aménagements existent, nous parlerons surtout des plantes à favoriser afin d’accueillir et nourrir les pollinisateurs de nos contrées.

Crédit : Le PASSE-Jardins

Nourrir les pollinisateurs :

Pour décider quoi et où planter, il convient de respecter un ensemble de principes généraux, qui permettront d’assurer une alimentation continue, riche, diversifiée et équilibrée des insecte !
Les principes de base sont :

    • Opter pour des variétés mellifères, riches en nourriture pour les butineurs (bourdons, abeilles, papillons…) qui vont améliorer la pollinisation des plantes potagères.
    • Favoriser la diversité des familles et espèces de végétaux : arbres, arbustes, plantes annuelles et vivaces, de morphologie différentes (fleurs complexes et simples, avec des corolles profondes ou non…), aromatiques, plantes sauvages...
    • Prévoir une production de fleurs échelonnée sur l’année, avec des pics en mai-juin et septembre pour les papillons, et au début du printemps pour les autres insectes.
Il s’agit de permettre aux espèces de se maintenir toute l’année ! En effet, certaines périodes d’alimentation sont cruciales pour la survie et le développement des insectes :
- toute l’année : pour nourrir les adultes, et permettre plusieurs cycles de développement.
- en hiver et en automne : la nourriture est non-seulement moins accessible, mais les insectes se déplacent aussi moins loin de leurs refuges. Il faut aussi assurer le moment de l’hivernage.
- au début du printemps (mi-février au mois d’avril) : début de la ponte des reines, notamment chez les abeilles ; sans pollen disponible, pas de ponte possible ! C’est aussi le début des ravageurs dont il faut limiter la présence dès la première ponte.
- milieu de l’été / août : très peu de fleurs sont en floraison à ce moment !
En général, la période dite de « disette », ou plus difficile pour l’alimentation des insectes va de novembre à mars.
    • Privilégier des végétaux s’accordant entre eux, voire fonctionnant ensemble.
    • Privilégier des fonctions multiples pour chaque végétaux.
    • Privilégier les plantes autochtones pour une meilleure adaptation au contexte, sol et climat !
Les espèces autochtones sont des espèces originaires de l’endroit où elles se trouvent : elles ne sont donc ni implantées ni importées. Ces plantes sont adaptées à leur région (climat, saisons…) et sont alors plus résistantes : elles nécessitent moins de soins, d’arrosages, d’entretien… De plus, la faune connaît cette flore locale et y est adaptée : les animaux y trouvent alors abri et nourriture
    • Intervenir un minimum : pas d’utilisation de pesticides, peu de travail de la terre, limiter le piétinement, laisser les végétaux morts au sol en automne, limiter les traitements même biologiques.
    • Tolérer quelques “indésirables” et laisser pousser les plantes ! En quantité réduite, les petites bêtes (araignées, limaces….) et autres “mauvaises” herbes (pissenlits…) sont les bienvenues tant qu’elles ne sont pas envahissantes. Les plantes et fleurs sauvages sont des abris et des sources de nourriture précieuses.

Quant aux formes, l’essentiel est de varier ! Vous pouvez planter entre, au bout ou autour des rangs de votre potager, réaliser des haies, des pelouses fleuries, des pieds d’arbres...

Crédit : Le PASSE-Jardins

Que planter ?

Des plantes adaptées à votre terrain ou votre espace de culture. L’essentiel est de faire en sorte que vos plantations assurent une floraison pendant toute l’année, qu’elles sont suffisamment variées pour nourrir et attirer divers insectes, et qu’elles sont autochtones !

Nous vous proposons une liste de quelques plantes à intégrer aux incontournables de votre jardin (non exhaustive !) :

  • Melisse (Melissa officinalis
    En grec, melissa signifie “abeille”. En ce sens, c’est une plante très mellifère. 
  • Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)
    En bordure de parcelles, en massif ou près des mares, cette plante accueillera fourmis, papillons et scarabées...
  • Bourrache (Bourago officinalis)
    La bourrache est une plante à floraison continue. Elle attire notamment les papillons !
Crédit : Creative Commons
  • Géranium sanguin (Geranium sanguineum) et Herbe à Robert (Geranium robertianum)
    A ne pas confondre avec les géraniums des fleuristes (des Pelargonium), très différents des géraniums sauvages de nos contrées qui sont régulièrement visités par les abeilles.
  • Campanules à feuilles de pêcher (Campanula persicifolia)
    Plus à l’aise en massif, les campanules de toutes sortes attireront des pollinisateurs de tous types.
  • Marguerite (Leucanthemum vulgare
    Connue de tout le monde, la marguerite est l’ambassadrice de toutes les fleurs à valeur écologique. Belle de simplicité, elle ravira tous les pollinisateurs. 
  • Calendula (Calendula officinalis
Crédit : Creative Commons
  • Petite pervenche (Vinca minor
    Ne nécessitant guère d’entretien et servant de couvre-sol, ses fleurs violacées attireront une faune diversifiée. 
  • Châtaigner (Castanea sativa)
    Comme le tilleul, le peuplier tremble ou le laurier-tin, le châtaigner est en fleurs à la fin de l’automne.
  • Sauge des prés (Salvia pratensis)
    Utilisée pour parfumer les plats, c’est aussi un régal pour les abeilles sauvages et bourdons. Semée dans un massif ensoleillé, son pollen et son nectar régaleront les pollinisateurs.
Crédit : Creative Commons
  • Chèvrefeuille (Lonisera sempervirens)
    Choisissez-le autochtone, il sera parfait dans des haies, il attirera notamment papillons nocturnes et diurnes.
  • Thym (Thymus vulgaris)
    Sous forme d’arbrisseau ou de plante courant au sol, le thym est vivace, fourni des herbes aromatiques et attirent de nombreux pollinisateurs. Il est plutôt adapté aux climats chauds et terrains calcaires.
  • Prunus
    Avec ou sans fruits, cette famille d’arbres (amandier, cerisier, pêcher, prunier, abricotier...) est, comme les noisetiers, en fleurs très tôt, ce qui est essentiel pour la sortie de l’hiver.
  • Fenouil (Foeniculum vulgare)
    Sauvage ou cultivé, le fenouil est vivace, nécessite peu d’entretien et a tendance à se ressemer seul. Il attire les papillons machaon mais aussi des coléoptères, et vous pourrez récolter ses graines.
  • Érable
    Rustique, l’érable attire de nombreux pollinisateurs jusqu’à la fin de l’automne.
  • Romarin (Rosmarinus officinalis)
    Arbrisseau rustique et vivace, adapté aux terrains calcaires, le romarin est mellifère. Sa floraison débute en février, voire janvier, jusqu’à avril-mai, et peut se redoubler en automne. La forme spécifique des fleurs correspond particulièrement aux bourdons et aux abeilles !
Crédit : Creative Commons

Sources et Ressources externes :

Dans vos livres de plantes préférés, recherchez la date de floraison des végétaux que vous désirez planter, et le type d’insectes qu’ils attirent ! 

- Une liste facile à utiliser de 200 plantes attractives pour les abeilles ! Télécharger
- Le Guide des abeilles sauvages en ville d’Urbanbees, avec une liste de plantes et leurs caractéristiques à la fin !
- Une fiche pratique du journal La Salamandre avec des conseils de plantations à télécharger ici.
- Le Guide Terre Vivante Aménager et fleurir son jardin
- Jeffrey Josie, Semer pour résister ! À la fin du livre un guide des fleurs avec des indication sur leur floraison et leur intérêt pour la pollinisation.
- Pour l’alimentation et la production des abeilles mellifères : voir Permaculture design

Crédit : Creative Commons

Les pollinisateurs sont bien nourris ! Et maintenant ?

Participez à un programme de sciences participatives et observez puis identifiez les insectes de votre jardin !

Les sciences participatives sont des programmes scientifiques ouverts à tous et toutes, qui permettent de récolter des données sur de très grands territoires. À partir d’un protocole d’observation scientifique, chacun et chacune peut observer, identifier et répertorier les insectes présents dans son jardin, ce qui permet d’établir par la suite des suivis de populations, des programmes de protection… et à vous de découvrir les insectes de votre jardin !
Le PASSE-Jardins est engagé dans le soutien aux sciences participatives  : retrouvez le plaidoyer, la programmation des événements à venir, et la présentation du programme Vigie-Nature du Muséum National d’Histoire Naturelle.

Retrouvez nos ressources sciences participatives ! :
- Papillons
- L’observatoire photographique des insectes pollinisateurs
- Bourdons
- Escargots
- Oiseaux

- Un annuaire des sciences participatives.

Identifier et connaître :
Reportez-vous aux livres d’entomologie, et aux sites suivants :
- Insectes.org
- Insectes de France
- L’Association Arthopologia
- Le Guide d’identification des abeilles d’Urbanbees
Sites qui proposent un tour d’horizon général des différents pollinisateurs :
- Vigie nature
- Le Ministère de la Transition écologique et solidaire
- Programme PNAOPIE

Crédit photo : Le PASSE-Jardins

Pensez à permettre un habitat diversifié !

Quelques idées...
- Créer une zone sauvage, même petite (1m x 1m), composée d’herbes folles (ortie, pissenlit, consoude... ) qui sont utiles pour préparer des remèdes (macération, décoction, infusion, purin…) face aux maladies des plantes. 
- Mettre en place différents milieux naturels facilement : tas de bois sur plusieurs années, feuilles mortes regroupées pendant l’hiver, pots de fleurs cassés, zone sableuse… 
- Construire une mare qui saura accueillir une grande biodiversité (libellules, grenouilles...) et chassera les moustiques la belle saison venue. 

Crédit photo : Le PASSE-Jardins

Luttez contre les pollutions :

    • Lumineuse : les lumières repoussent les espèces « lucifuges », c’est-à-dire qu’elles abandonnent leur habitat lorsqu’il est pollué par de la lumière artificielle. De manière générale, la lumière artificielle modifie les comportements des animaux en entraînant des désorientations et des changements de rythmes biologiques (perturbations dans le cycle de reproduction….) 
    • Sonore : La pollution sonore regroupe les nuisances sonores provoquées par diverses sources, dont les conséquences peuvent aller d’une gêne passagère à des répercussions graves sur le fonctionnement des écosystèmes, sans parler de l’impact sur la qualité de vie des citoyens et citoyennes. La pollution sonore peut avoir de multiples causes : véhicules motorisés, engins de chantiers, tondeuses… Et ses conséquences sur la biodiversité sont variées : le bruit constitue une barrière écologique invisible rendant des espaces impropres à la vie de nombreuses espèces.. Les barrières végétales offrent abris et alimentation pour les auxiliaires et en bonus absorbe la pollution atmosphérique. 
Crédit photo : Le PASSE-Jardins

Sources :

- LAPOUGE-DÉJEAN Brigitte, PÉPIN Dénis, Aménager et fleurir son jardin, Guides Terre vivante, Ed. Terre Vivante, Mens, Mars 2014.
- Arthopologia
- Urbanbees
- Terre Vivante
- Permaculture Design


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